Qualités et Compétences du formateur 3/3
Michel Allard
Consultant-Formateur
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Comment développer efficacement ses compétences
Dans les numéros précédents de ce dossier, nous avions vu ce qu’étaient les compétences « classiques » du formateur, puis ce que l’on appelle ses compétences critiques. Avec ce troisième numéro, nous allons voir comment faire pour développer toutes ces compétences nécessaires au bon formateur. Voici donc quelques conseils.
Deux points majeurs sont importants à prendre en considération pour progresser dans son métier : les connaissances et la capacité d’animation de groupe.
Développer ses connaissances passe forcément par des lectures nombreuses et variées. Mais il ne faudrait pas croire que seuls des ouvrages professionnels doivent meubler la bibliothèque du bon formateur. Des revues spécialisées et des magazines d’actualité apportent aussi leur lot d’informations, d’idées et de vocabulaire.
Le vocabulaire, en effet, est l’un des atouts du bon formateur et il convient ainsi de l’enrichir en permanence. Il faut qu’il soit riche et varié, mais surtout juste. Notez, écrivez, conservez, utilisez. Employer le juste mot, et l’expliciter, ce n’est pas faire de la sémantique pour de la sémantique, c’est révéler le concept qui se cache derrière chaque mot juste.
- Un conseil : lorsque vous découvrez ou retrouvez un mot intéressant – ce peut être une expression – pour faciliter sa mémorisation, notez-le et utilisez-le le plus rapidement possible lors d’une prochaine intervention, à bon escient bien sûr.
- Le développement des connaissances doit être orienté bien sûr sur les thèmes de formation privilégiés du formateur, sans oublier les savoirs connexes bien utiles pour répondre aux questions des stagiaires les plus curieux.
- Ceci dit, lire beaucoup peut prendre du temps, énormément de temps, surtout si une assimilation à visée d’usage professionnel est en ligne de mire. Pour pouvoir y parvenir, deux recommandations : la première c’est celle de suivre un stage de lecture rapide pour ne pas être obligé de faire du ligne à ligne, la deuxième c’est d’ouvrir simultanément plusieurs ouvrages – 4 ou 5 maximum tout de même – et de s’amuser à sauter d’un livre à l’autre en fonction de son humeur de l’instant ou de son besoin du moment.
- Un dernier conseil à propos des connaissances, à chaque fois que dans un ouvrage vous trouverez une définition, un concept, un schéma ou même seulement une idée digne d’intérêt, alors collez vite un « post it » à la page en question.
En ce qui concerne l’animation d’un stage et les méthodes pédagogiques, beaucoup de choses ont évolué ces dix dernières années.
Bien sûr, il est important de laisser aux stagiaires une participation beaucoup plus active et plus dynamique qu’il y a dix ans dans le stage. Cela ne veut pas dire non plus qu’il faille tomber – c’est ce que croient parfois certains formateurs – dans la simple maïeutique, c’est-à-dire dans l’art d’animer et de travailler uniquement avec le matériau apporté par les personnes. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons insisté sur le premier point, le développement des connaissances du formateur.
L’animation pédagogique demande des capacités et des qualités qui existent pour partie naturellement en chacun de nous. Il nous appartient de les développer régulièrement par la pratique et l’expérimentation.
C’est lors de la conception pédagogique d’une action de formation qu’il convient d’anticiper et d’organiser le déroulement des différentes séquences de travail et d’apprentissage. C’est à ce moment-là aussi que vous choisirez des modalités pertinentes eu égard aux objectifs pédagogiques, tout en veillant à les alterner pour ne pas lasser.
Pour progresser régulièrement, travaillez votre réseau et faites-vous adresser des programmes et des maquettes pédagogiques. Ne faites pas de copier-coller « bête et méchant », mais conservez un regard critique sur la façon de faire des autres, et ensuite trouvez votre personnalité, votre patte.
Un bon animateur est quelqu’un qui dégage du charisme, c’est-à-dire qui sait montrer son enthousiasme et le transmettre pour entraîner les autres dans son sillage sans forcément déployer d’efforts gigantesques. Le jour où l’enthousiasme n’est plus au rendez-vous, alors il vaut mieux arrêter le métier.
Un dernier secret pour durer :
- Débrouillez-vous pour apprendre vous aussi quelque chose de nouveau dans toute situation et dans toute animation, même si c’est la nième sur le même thème, c’est possible vous verrez, à condition de bien observer et de bien écouter, de bien capitaliser.




